Le Versant animal

Mise en scène de Judith Zagury et du collectif ShanjuLab (création en 2021 à Gimel)

« Le plaisir qui vient des animaux de leur existence
– du fait qu’ils existent –
vient d’abord de ce qu’ils ne sont pas comme nous
de ce qu’ils sont différents:
ce n’est pas seulement
que nous partagions le monde avec eux
avec d’autres êtres donc, qui le regardent
et le traversent
qui y vivent et y meurent
c’est qu’ils vivent, auprès de nous ou loin de nous
chats ou chauves-souris
chiens ou tigres
ou singes
dans d’autres mondes »

Jean-Christophe Bailly, Le visible est le caché

Le Versant animal est un spectacle immersif et déambulatoire au plus près des animaux. Hors de la ville, hors des scènes de théâtre, c’est à Gimel que les spectateurs sont invités à une expérience théâtrale d’un autre genre.

ShanjuLab vit et travaille dans ce lieu où territoires humains et animaux s’enchevêtrent. Issu d’un laboratoire de recherche théâtrale sur la présence animale, Le Versant animal explore la relation humains-animaux et l’altérité de leurs mondes. Les animaux ne sont pas amenés sur scène, ce sont les spectateurs qui pénètrent dans leurs univers. Ils déambulent à travers leurs espaces de vie et sont immergés dans une proximité troublante avec l’animal. Les animaux ne sont ni dressés, ni purement exposés: dans leurs habitats quotidiens réimaginés en dispositifs théâtraux, ils se savent regardés. Dans un échange avec l’humain, ils créent une zoochorégraphie de l’instant et se font voir en tant qu’êtres à part entière. Au centre de cette expérience théâtrale, il n’y a pas de narration, mais la durée de la déambulation, le rythme animal, l’interaction avec le lieu, la température, les odeurs. Juste à côté, la forêt se dresse comme espace possible de vie sauvage et d’imaginaire. À la nuit tombée, les spectateurs sont conviés à cheminer entre les arbres pour entendre la langue de l’écrivain Jean-Christophe Bailly dont les textes approchent le mystère et l’étrangeté du monde animal.

Dossier de production